mercredi 26 décembre 2012

Orientation de X Open Innovation par Laurent Vieille



Tru,

Je suis désolé d'avoir dû me désinscrire et je te remercie pour ton mot
gentil. 

Le groupe X-Open-Innovation m'intéresse mais j'ai décidé de me désinscrire
pour deux raisons:
1) le premier est le manque de temps.
2) le deuxième, qui va avec le premier, est que je souhaitais faire des
contributions sur les problématiques "marketing", mais que je n'en ai pas eu
le temps. En voici cependant l'essentiel.

J'ai trouvé la lecture de "open innovation", de Henry Chesbrough,
passionnante. J'ai lu ce livre il y a quelques années, après au moins 20 ans
d'expérience dans l'innovation. Le chapitre sur le business model (de
mémoire  le chapitre 5 -je n'ai pas le livre entre les mains) est un
chapitre clef du livre, du moins pour l'impact de l'innovation sur le marché
ou sur les usages.  Et c'est également une bonne définition du modèle de
business que j'utilise lorsque j'accompagne des start-ups.

Or, pour qu'un tel business model "percute" sur le marché, il faut centrer
les projets d'innovation sur l'identification et l'étude des besoins non
servis, sur les frustrations des utilisateurs. Mon expérience est que les
approches basées autour du "job-to-be-done" sont particulièrement
opérationnelles. Je fais référence ici en particulier aux travaux de Clayton
Christensen (Harvard) ou de Tony Ulwick/Lance Armstrong (Strategyn, société
développée en France par notre camarade Bruno Levy). Je crois que c'est
Theodore Lewitt, de Harvard, qui a le premier utilisé cette expression
"Job-to-be-done" ("sell the hole, not the drill: people want to make a hole,
not to buy a drill!").

En France, le mot "innovation" est trop souvent accaparé par le monde de la
recherche technologique, voire publique. Mon passage à l'ANR m'a renforcé
dans cette conviction: à l'ANR, j'ai contribué à la mise en place des
Instituts de Recherche Technologiques 'IRT' et des Sociétés d'Accélération
de Transfert de Technologie 'SATT' du programme des Investissements
d'Avenir,. Alors que ce dont sont nous souffrons, c'est d'un manque
d'entrepreneuriat - peut-être à la Schumpeter.

Au-delà de mon activité professionnelle actuelle, j'accompagne des start-ups
dans plusieurs incubateurs, de manière plus ou moins ponctuelle. Ceci
correspond au cœur de mes convictions, et malgré l'intérêt que je porte aux
principes d'Open Innovation, mon emploi du temps ne me permet pas
d'envisager d'autres contributions à la communauté de l'innovation.

Je n'ai pas retrouvé les préoccupations exprimées ci-dessus dans les
documents sur Open Innovation. Peut-être y sont-elles présentes mais non
suffisamment explicitées ?

Je te remercie pour la qualité de notre interaction.

Bien à toi,

Laurent Vieille

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