dimanche 24 mars 2019

Open innovation par dessus les frontières

Lors de VivaTech 2018, plusieurs pays de la francophonie avaient envoyé une forte délégation et aménagé un espace dédié pour positionner leurs entreprises sur l'échiquier international de l'innovation technologique.

Ainsi, le Maroc, représenté par M. Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l'industrie, du commerce, de l'investissement, avait présenté 10 startups à fort potentiel dans le Pavillon Maroc [1].

Il existe d'autres opportunités pour co-innover par dessus les frontières.

Par exemple, un événement organisé par un pays visant à mobiliser sa diaspora.

C'est le cas de la première édition du Vietnam Global Leaders Forum (VGLF), qui aura lieu à Paris les 30 et 31 mars prochain [2].

Une occasion en or pour les entreprises françaises aux ambitions d'exporter leur savoir-faire, qui, mises dans la boucle par leurs collaborateur(ice)s d'origine vietnamienne, pourront se faire connaître auprès des grandes entreprises vietnamiennes qui sponsorisent l'événement [3] ;
et, pour ces dernières, d'identifier des opportunités de sauter des étapes de développement (Ang : leapfrogging) en rencontrant des représentant(e)s de startups créées par des français(es) ou internationaux (USA, Canada, Australie, Suisse,...). d'origine vietnamienne.

L'environnement est d'ailleurs favorable pour une véritable démarche d'open innovation, où l'on sait que la propriété intellectuelle est déterminante : en mai dernier, lors de la visite officielle du Secrétaire général du Parti communiste vietnamien, M. Nguyễn Phú Trong, à l'occasion du 5e anniversaire du partenariat stratégique entre la France et de Vietnam, un protocole d’entente avait été signé entre l'INPI et l'Office national de la propriété intellectuelle du Vietnam [4].



[1] VivaTech 2018: Le Maroc dévoile son ambition pour le digital, 30 mai 2018, CIO Mag, sur YouTube
[2] Vietnam Global Leaders Forum 2019
[3] VNPT, Viettel
[4] La propriété intellectuelle, un levier essentiel au partenariat économique entre deux pays

mardi 19 mars 2019

Table ronde : participation financière des grands groupes dans les startups

Organisée par Georges Passet (77), relations start-ups, Bouygues Telecom Initiatives, la table ronde sur la participation financière des grands groupes dans les startups[1] a vu les interventions de camarades collaborateur(ice)s de
  • Bouygues Telecom [2], 
  • Sofinnova Partners[3], 
  • Snap Event [4],
  • Gare & Connexions/SNCF [5].

Eléments de compte rendu

Depuis 10 ans, l'opérateur des télécommunications Bouygues Telecom mène une politique d'open innovation via Bouygues Telecom Initiative [1] en vue d'accélérer la transformation de ses métiers, de sécuriser des startups de son écosystème ou d'anticiper les futures technologies (6G).

Ces trois dernières années, une soixantaine de projets ont été menés sur trois axes :
  1. le milieu académique,
  2. les startups (codéveloppement, prise de participation)
  3. les collaborateur(ice)s (hackathon, boites à idées, démarche Agile)
Par "codéveloppement", BTI donne l'opportunité aux startups de réaliser dans le cadre de ses opérations des POC (proof of concept) ou des MVP (minimum viable product).

L'engagement des startups est compensé financièrement et ces dernières conservent leurs propriétés intellectuelles.

Les prises de participation éventuelle sont de l'ordre de 200 K.


Sofinnova Partners [2] est une société de capital-risque indépendante qui finance et accompagne les start-ups, spin-offs et opérations de retournement (près de 500 sociétés depuis trente ans) dans le secteur de biopharmacie / biotechnologie, instrumentation médicale, biotechnologie industrielle.

Ce secteur est marqué par
  • des cycles longs (20 ans de la molécule au médicament),
  • des tickets d'entrée en proportion des investissements R&D (200 M),
  • une propriété intellectuelle au cœur de l'innovation
  • une forte concentration des acteurs industriels, contrebalancée par
  • un vivier de startups, très probablement à l'origine des 4/5 des molécules des médicaments commercialisés.
L'instrument de pilotage financier n'est ni le CA ni l'EBITDA mais le DCF (discounted cash flow) et sur plusieurs dizaines d'années.

Les success stories sont souvent portées par un duo formé par un entrepreneur et un chercheur/médecin.



La startup SnapEvent [3] se définit comme un "déclencheur d’événements inoubliables" et ambitionne de disrupter l'événementiel : le numérique lui permet de transformer et d'intégrer les processus de métiers divers, allant de l'agence de communication à ceux d'Accor ou de AirBnB. 

Son métier pourrait se définir comme celui de maîtrise d’œuvre d'événements pour entreprises.

La protection de son modèle, pour laquelle la propriété intellectuelle est d'un secours limité, est problématique lors des tours de table.

L'instrument de pilotage financier est le CA et la marge.


Gares et Connexions / SNCF [4] vise à renouveler l'expérience en gare en s'appuyant sur quatre "expertises"

au niveau national,
  • commerce en gare et panneaux publicitaires
  • animation des territoires
à l'international
  • grands projets d’urbanisme et d’architecture
  • gestion des gares, développement des commerces, analyse de flux et optimisation des revenus tirés des hubs de transport.
L'open innovation est un moyen pour enrichir ces expertises et apporter des briques à son offre internationale,

Gares et Connexions voit l'Open Innovation comme des opportunités de partenariat entre plusieurs grandes entreprises et plusieurs startups.

Les incubateurs (NUMA,...), mais aussi les appels d'offre publics, sont des outils efficaces pour permettre aux grandes entreprises d'identifier et embarquer l'innovation des startups.



Idée pour la prochaine table ronde
La prochaine table ronde pourrait porter sur la commande publique et l'innovation [6]



[1] Le 13 mars 2019, locaux de l'AX, 5 rue Descartes, Paris 5e
[2] https://www.btinitiatives.fr/
[3] https://www.sofinnova.fr/
[4] https://www.snapevent.fr/
[5] https://www.gares-sncf.com/fr
[6] Le numérique pour marier grands prestataires et PME innovantes, La Jaune et La Rouge, février 2017