lundi 22 octobre 2012

Motivations d'un membre: Jérome Joaug

Chers camarades,

Bien qu'étant inscris depuis un moment, je tenais néanmoins à faire part de mes motivations concernant la thématique de l'Open Innovation.

Mon intérêt est double:
- d'une part, j'y ai été familiarisé dans le cadre de ma 4A à l'Université de Cambridge où le concept est enseigné mais aussi appliqué dans de nombreuse start-ups du cluster, notamment ARM, l'entreprise qui designe les puces pour mobiles et qui commence à poser de sérieux problèmes à Intel.
- d'autre part, j'y suis directement confronté dans la start-up que j'ai co-fondé très récemment (Cambridge Nanosystems Ltd.).

Ma problématique concernant ma start-up est simple.

Nous exploitons un nouveau procédé pour produire des nanotubes de carbone (Floating Catalyst process) qui possède un potentiel beaucoup plus prometteur que les anciennes techniques utilisées (Chemical Vapour Deposition). Cependant, le défi est la capacité de produire des échantillons comportant des nanotubes possédant tous les mêmes propriétés (ayant une grande pureté si on veut simplifier).

La problématique est la suivante: notre réacteur possède une bonne trentaine de paramètres qui influence la qualité du produit final. 99% des combinaisons produisent des échantillons inutilisables, une infime partie cependant conduisent à des échantillons d'une pureté très compétitif par rapport à ce qui existe aujourd'hui dans l'industrie. Tester toutes ces combinaisons dans un seul labo prendrait une bonne centaine d'années.

L'open innovation nous permet d'échanger des idées/résultats avec d'autres chercheurs, travaillant sur le même procédé ou non, en vue d'accélérer l'exploration de toutes ces combinaisons. Quelques mesures que nous avons implémentées dans la start-up en guise d'exemples:

- Effacement de la frontière entre le Labo et la start-up: un partenariat commercial nous permet de toujours profiter pleinement des avancées du Labo dont la start-up est issue
- Echanges réguliers avec d'autres départements de recherche qui travaillent sur des procédés similaires
- Echanges avec les investisseurs/mentors/autres start-ups ou entreprises établies dans la région: l'environnement du cluster nous a permi très rapidement de constituer une base de partenaires/clients/conseillers
- Partenariats sur le long terme avec nos clients et autres universités qui travaillent sur le même sujet (échanges, formation d'ingénieurs/chercheurs)

Pour finir, les avantages et inconvénients que nous rencontrons.

Avantages:
- En termes de savoir accumulé, le résultats est flagrant concernant les progrès qu'on a fait ces 6 derniers mois, que ce soit du côté start-up ou labo
- En termes de réseau relationnel
- En termes financiers: l'open innovation, ça coûte pas cher sauf en termes de temps !

Inconvénients:
- Une question qu'on doit résoudre vite est comment utiliser nos brevets dans cet environnement

Je pense que c'est un cas d'étude très intéressant d'autant plus qu'il se détache un peu du secteur IT/software/Web où ce concept est maintenant couramment utilisé.

Jerome

4 commentaires:

Tru Dô-khac a dit…

"Couramment utilisé dans le secteur IT/software", sans doute avec l'Open Source, quoique en France il reste une marge de pénétration importante pour l'Open Source (cf sur le site : Open World Forum 2012

Sur le "web", que je lis par créations littéraires et artistiques, c'est plus délicat de se faire une idée. Les creative commons sont encore à découvrir (en France, il y a également les licences Libres Savoirs Paris Tech).
Un préalable est que le droit d'auteur soit respecté en B2C et en B2B : pour "partager" voire donner, il faut d'abord posséder et on obtient en retour un "merci mademoiselle/madame/monsieur"(simple bienséance/courtoisie, ou droit moral pour les juristes)

Thierry a dit…

Comment peut-on être open et concevoir la notion de brevet ?

Thierry a dit…

J'oubliais l'essentiel, merci pour le témoignage.

Michaël Haddad a dit…

Attention, il ne faut pas confondre Open Innovation et Open Source ! Les brevets sont un élément essentiel on est dans l'économie de la connaissance.

Avec le labo il s'agit souvent de transfert de savoir faire ou de co-dépôt de brevet. Cela peut se faire sous la forme de royalties à venir sur le chiffre d'affaire si la contribution a été importante (entre 2 et 5%)

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